Medina Dugger : Les coiffures nigérianes à la racine

15 min 24 – 2018

Fin mars 2018. À l’initiative des Chemins du patrimoine en Finistère, les habitants de Daoulas découvrent la série de photographies de Medina Dugger, “Chroma”. Des photographies aux couleurs flamboyantes dévoilent des femmes nigérianes souvent de dos avec des coiffures traditionnelles. La surprise se trouve à chaque coin de rue : grands formats accrochés sur des murs privés, dans le parking du supermarché, au carrefour à feux, petits formats encastrés dans les fenêtres de la mairie, à l’orée d’une allée, près d’un cours d’eau ou de jeux d’enfants. Plus haut, dans les jardins de l’abbaye, une trentaine de clichés noir et blanc de J.D. Okhai Ojeikere contrastent avec la vision moderne des images de Medina. L’aspect sculptural des coiffures présentées les rassemblent.

Disparu en 2014, le photographe nigérian a offert plus de 1000 clichés sur les coiffures nigérianes, élément important de la culture de son pays. Baptisée “Hairstyles”, cette série réalisée de 1968 à 1999 résultait pour lui d’une œuvre collective : “la coiffeuse exerce tout son talent, la cliente choisit sa coiffure elle-même et c’est l’admiration que j’ai pour ces coiffures qui m’a conduit à les photographier”. Il y a sept ans, la jeune américaine Medina Dugger s’installe à Lagos au Nigéria après des études de photographie à l’Institut Speos de Paris. Elle découvre le travail d’Ojeikere et décide de lui rendre hommage en reproduisant cette série avec des femmes de Lagos et des “artistes de cheveux”. Dans un objectif contemporain et fantaisiste, elle les laisse exprimer leur créativité autour du style “afro” traditionnel avec des techniques de coiffures actuelles, signe d’une lutte contre les standards d’une beauté bien souvent euro-centrée.

C’est la première fois que ces travaux sont présentés ensemble l’un à côté de l’autre. C’est ce que Medina Dugger, qui voit pour la première fois ses photos imprimées et exposées, pouvait souhaiter de plus fort.

Oufipo s’est baladé au milieu de ces clichés et est partie à la rencontre de ces deux personnes aux cheveux bouclés : Medina Dugger et le conseiller artistique de l’exposition Guy Bourreau, traducteur des propos de la photographe.


 

Merci à Marie Bouchier pour son accompagnement dans cette balade photographique et sonore, vive et ondulée.

Crédit photos © Anouk Edmont

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